Less is more

C’est le Black Friday, vous avez dû comme moi recevoir 100 alertes pour vous inciter à consommer dès que possible… Parce qu’il faut absolument que vous achetiez cet appareil dont vous ne savez pas encore que vous avez besoin, au cas où. WTF ? Depuis quand on n’est accompli que quand on possède toujours plus ?

Ça tombe bien, ça fait un petit moment que je voulais écrire là-dessus, et sur le changement de mon rapport à la consommation, que le yoga a fait venir petit à petit -ni vu ni vu – dans ma vie.

Le documentaire « Minimalism : a documentary about the important things » (en ligne sur Netflix ! – à voir si vous pouvez), vu il y a quelques semaines, commence par des scènes surréalistes dans des magasins aux Etats-Unis lors du fameux Black Friday, où des foules déchaînées se ruent dans les magasins et se tapent dessus pour acheter un climatiseur ou autre objet. Comment est-ce qu’on en est arrivé à là, à se dire qu’acheter nous rendrait heureux, que posséder plus ferait de nous des personnes plus accomplies, et à ne jamais être satisfaits de ce qu’on a ? 

 

Dans la philosophie de vie yogi, il y a un certain nombre de principes de conduite de vie, les « yamas » et « niyamas », qui forment une sorte de guide éthique servant à changer nos habitudes négatives. Dans ces règles que le yogi s’applique à lui-même et dans son comportement en société, la plus connue est « ahimsa », la non-violence. Mais on retrouve aussi « aparigraha », la non-accumulation, le fait de vivre simplement. C’est une pratique importante dès lors qu’on sait que l’ego recherche toujours le bonheur à l’extérieur, et qu’on a une forte tendance à vouloir satisfaire nos moindres besoins dans l’immédiat, que cela soit avec des objets matériels, de la nourriture, des relations (#tindergeneration)… On prend, on consomme, on jette, on passe à autre chose qui sera plus satisfaisant.

Avec aparigraha, on apprend à se libérer du désir qui nous emprisonne dans ce cercle sans fin de dépenses compulsives. C’est une pratique d’essayer de ne pas avoir plus que ce dont on a besoin, et de se contenter de ce qu’on a. Cela permet de se libérer de notre dépendance aux objets ou autres possessions. Pour apprendre à vivre, tout simplement, à aimer, à profiter des choses simples de la vie et du moment présent. Quand on est libre, on est heureux, logique, non ?

« My lover’s got no money, he’s got his strong beliefs…Freed from desire, mind and senses purified » « More and more, people want just more and more – freedom and love, what we’re looking for »…  Gala était sans doute yogi et cherchait à nous inciter à nous libérer de cette société de consommation

Vivre en abondance avec peu, c’est aussi prendre en considération que les ressources de notre planète sont limitées, et chercher à avoir un impact moindre avec une consommation plus simple, plus responsable et donc durable.

Love people, and use things. Because the opposite never works.

The Minimalists

Pour ma petite histoire et comment j’en suis arrivée là depuis que le yoga s’est infitré insidieusement dans ma vie :

J’étais la première à me jeter sur les ventes privées et autres soldes il y a quelques années, pour acheter des beaux vêtements de marque – parce que quand même c’est -70%, quelle bonne affaire ! J’avais à un moment 45 robes dans mon placard. Qui a besoin de 45 robes ? Mais je trouvais encore que vraiment, il me fallait absolument ce petit short pour être belle cet été. Alors qu’en vivant à Nairobi/Abidjan, j’étais frustrée de ce « besoin » de consommation, je faisais chauffer la CB sans vergogne à mon retour en France en vacances (je ne parle pas des fois où je me vengeais sur ma CB au premier coup de blues ou déception amoureuse). Est-ce que j’étais plus heureuse et épanouie ? Est-ce que j’ai trouvé l’amour grâce à mes vêtements ? Haha la réponse est non, pas vraiment, et la possession d’objets ne m’a jamais fondamentalement changée.

À mon retour en France, c’était encore plus dur de résister, en passant chaque jour devant des belles vitrines, en étant invitée à des ventes privées ou autres soldes pour découvrir les nouvelles collections. Surtout que j’avais une bonne excuse : je devais me refaire toute une garde-robe d’hiver, après des années au soleil…

Qu’est-ce qui a changé ensuite ? Je pense que j’ai d’abord commencé à regarder la qualité de ce que j’achetais. En préférant par exemple les produits bio (pour les cosmétiques, savons, déo et autres; mais aussi pour la nourriture, en oubliant tout ce qui était processed). Puis à me demander de quoi est-ce que j’avais vraiment besoin quand j’achetais quelque chose (par exemple un pull et une parka pour l’hiver). Puis en faisant le tri dans mes vêtements, j’ai commencé à donner au fur et à mesure ce que je ne mettais pas. Au début je gardais les trucs vraiment jolis, même si je ne les portais jamais. Puis j’ai donné aussi les vêtements que j’aimais. J’ai commencé à entendre parler de « garde-robe capsule », comme le fait Bea Johnson (papesse du #zerodéchet), qui vit avec une grade-robe qui tient dans un bagage à main. Je n’en suis pas encore là mais l’idée fait son chemin doucement.

J’ai commencé à me poser la questions des déchets. À fabriquer mes propres cosmétiques et produits ménagers par exemple, parce que c’est plus simple, moins cher, plus clean et que ça produit moins de déchets. Puis, en continuant à donner, j’ai acheté de moins en moins. Tout simplement parce que je n’en ressentais plus le besoin. Cette année (depuis janvier), j’ai encore acheté quelques trucs, mais très peu, et en réfléchissant à chaque fois à pourquoi j’en avais besoin. À côté de ça, j’ai pu dépenser cet argent autrement, dans des cours / stages de yoga, pour acheter des livres, de la nourriture bio.

Le documentaire « Minimalism » pousse encore plus loin le raisonnement. En incitant à se poser les questions de notre attachement aux objets, et de leur utilité dans notre vie. En déménageant le mois dernier, je me suis rendu compte que j’étais encore loin du compte : on accumule tellement de choses… dont on a du mal à se débarrasser. La question principale est peut-être de savoir distinguer quels sont nos besoins les plus importants. Je sais par exemple pour ma part que j’ai quand même besoin d’avoir un chez-moi où je me sens bien et j’ai beaucoup d’objets déco souvenirs de mes différents voyages (coucou les statues africaines) dont j’aurais du mal à me séparer pour l’importance symbolique que je leur accorde. Par contre, j’ai réussi à lâcher nombre de bouquins, vaisselle, vêtements et autres qui ne m’apportent rien. Next step : l’électroménager (honnêtement, on a vraiment besoin d’un appareil à raclette ? alors qu’on mange toujours des raclettes avec les mêmes potes et que chacun a son propre appareil ? c’est cool de partager aussi !)

Et vous, vous en pensez quoi ?

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