Le jour où j’ai décidé de devenir prof de yoga

Elad Itzkin Yoga Photography - Margot Flandrin - 7420
Crédit Photo : Elad Itzkin Yoga Photography

Il y a un an tout pile, au lendemain de l’élection de D. Trump aux Etats-Unis, on se réveille, dépités. Je rejoins mes meilleurs amis ce matin-là, on travaillait ensemble sur un chouette projet de vidéo à la demande par abonnement pour cinéma indépendant (connaisseur connaît) – Vodd. On parle du monde qui part à vau-l’eau. On parle de comment changer le monde. De permaculture. De yoga. De communication non violente. De zéro-déchet. (on est des gros hipsters croix-roussiens) De plein de choses incroyables qu’on aimerait faire. Puis on remet la tête dans notre projet, parce que quand même, il faut travailler. Et là, sur une énième dispute à propos des chiffres qui ne vont pas. Le projet qui ne marche pas. Toute cette énergie qu’on dépense depuis si longtemps pour peu de résultats. Grosse déprime. On décide de faire un break. Rentrer chez nous réfléchir un peu. Au sens de la vie. Et se dire si on a envie de continuer. Parce que bon, ça fait quand même un petit moment qu’on commençait à penser « vivement que ça décolle, histoire qu’on puisse consacrer plus de temps à nos autres projets ».

Le lendemain, on se retrouve à un projection dans un ciné-club, truc de taf, où on n’a pas du tout mais vraiment pas du tout envie d’être.

La décision est déjà prise, on le sait au fond de nous, on commence à le dire à voix haute: et si on arrêtait tout ? On se demande : mais si on arrête, qu’est-ce qu’on va faire après ? Ça fait un an (pour moi – presque 2 ans pour les autres) qu’on travaille jour et week-ends ensemble, à faire des trucs incroyables, bouger des montaaagnes, et là du jour au lendemain, pouf, plus rien, retour à la case départ, vous pouvez continuer à toucher le RSA, merci bonsoir.

Et toi, Margot, tu feras quoi ? – Si on arrête, je me barre en Inde en janvier, je fais une formation de professeur de yoga. Je le sais, je le sens, je veux le faire. Je ne sais pas si j’y vais juste pour moi, ma propre pratique, mon développement personnel, ou si vraiment j’oserai enseigner après.

Mais quelques jours (ou semaines ?) avant – j’avais commencé à évoquer cette idée – timidement – en discutant avec un ami. Je disais que j’étais une éternelle insatisfaite, à m’ennuyer hyper vite, que je n’ai pas su rester en place plus d’un ou deux ans – en témoignent mes autres expériences professionnelles à l’étranger. Il m’a répondu « c’est peut-être juste que tu n’as pas encore trouvé ta voie, là où tu t’épanouis et où tu es heureuse ». Oui, c’est peut-être ça. À ce moment-là, je dis – pour la première fois peut-être mais à moitié en plaisantant – de toute façon, je sais bien que je vais finir par devenir prof de yoga. C’était évident, mais pas encore assumé. C’est marrant, d’ailleurs, pour quelqu’un qui essaie de convaincre ses amis de démissionner pour suivre leur voie (forte de ma propre expérience de démission/délivrance de l’ONU – mais c’est encore une autre histoire) – alors que je n’y étais encore qu’à moitié !

Du coup voilà, on arrête Vodd. Tristesse mais nouveaux départs pour tout le monde et grand chamboulements. Le meilleur moment après tout, pour se demander où on va et comment on y va. Ce qui est sûr, c’est qu’on a continué le chemin côte à côte, en se soutenant les uns les autres, en s’aidant à grandir et à avancer toujours plus loin.

Il y a un an à peine, je décidais de m’inscrire à une formation de professeur de yoga dans un ashram en Inde pour étudier la philosophie du yoga. Aujourd’hui, je donne entre 10 et 15 cours par semaine, et je vis en transmettant ma passion. J’apprends chaque jour sur moi, sur les autres, j’étudie, je teste et je découvre, je bouscule toujours mes habitudes pour sortir de ma zone de confort, je fais des rencontres incroyables, j’ai plein d’idées et de projets qui fourmillent. Ça n’a pas été sans effort bien sûr. Mais je suis depuis quelques temps dans un espèce de « bliss », je surfe sur une vague de béatitude où tout se passe bien, en voyant les portes s’ouvrir devant moi.

Tout ce chemin parcouru jusqu’aujourd’hui. C’est dingue. C’est même carrément beau.

Je suis tellement chanceuse d’être ici aujourd’hui, d’être si bien entourée par mes amis et ma famille, et par mes nouveaux amis/famille que sont tous mes élèves qui remplissent chaque jour, chaque semaine de belle énergie, de bonheur et de bonne humeur.

Merci, merci, merci !

2 réflexions au sujet de “Le jour où j’ai décidé de devenir prof de yoga”

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